-
Société des lecteurs de Georges Hyvernaud
JOURNÉE D’ÉTUDE
« LES FIGURES FEMININES DANS L’OEUVRE DE GEORGES HYVERNAUD »
La Société des Lecteurs de Georges Hyvernaud se propose d’explorer un nouveau thème pour la journée d’étude qu’elle organise le 10 avril 2010, au Lycée Saint Louis ( 44, Boulevard Saint Michel, 75006 Paris). Cette journée sera coordonnée par Christian POUILLON.
Les communications :
Etant donné que l’oeuvre de Georges Hyvernaud ne se limite pas à la chronique de la captivité de mâles (d’ailleurs non sans mémoire et rêves). Etant donné que l’absence renvoie à la présence et vice versa. Etant donné que « roman de célibataire » et « héros célibataire » sont des notions et des faits littéraires intéressants*. Etant donné qu’on ne sait trop s’il y a pour Hyvernaud une « nature », mais certainement oui : des « conditions féminines », avec leur typologie et un vocabulaire pour la dire. Etant donné tante Julia et Louise de La Peau et les Os, Madame Bourladou, Iseut et la veuve Louchère du Wagon à vaches, mais aussi des passagères, Gilberte Courassod et Lucy Tangente**. Etant donnée la parenté, étant données les familles. Etant donné le sixième commandement. Etant donné qu’il y a femmes de Lettres et femmes de lettres. Etant donné qu’une Correspondance ne s’arrête pas à Tu. Etant donné que : « plus ça change ... ». Etant donné que le suffrage féminin-citoyen est acquis tardivement en France. Etant donné qu’Hyvernaud a souhaité qu’une femme, puis qu’une jeune femme plus lointaine un jour le lisent, et qu’ainsi la lectrice***est également une « figure » en projet ...
... on projette cette journée d’étude.
*On peut songer par exemple à la Préface suggestive donnée en 1977 par Marc Fumaroli à l’édition de A Rebours de J.-K. Huysmans, Gallimard/Folio.
** Voie de Garage, deuxième Cahier, « Immédiatement » VII/ Feuilles volantes, « le capitaine avait reçu l’ordre ».
*** « ... lorsqu’on rêve de durer, on pense à un adolescent enthousiaste, à une ardente jeune femme. » (Feuilles volantes, « G.H. emploie l’argot »).
Cyril PIROUX
Les figures féminines dans Le Wagon à vaches. Iseult, non-romanesque ?
-
« C’est ça, Iseult. [...] Un destin d’insecte, dans le genre du mien et de pas mal d’autres ». On reconnaît bien là le style abrupt et désabusé de Georges Hyvernaud. Aucune concession accordée aux femmes naturellement. Dans Le Wagon à vaches, ces dernières ne possèdent plus de possibilités romanesques. Emmurées dans leur condition de femmes de ménage, femmes battues, femmes au foyer, affairées au calcul du prix du papier hygiénique, des carottes ou des sardines, elles semblent en effet avoir perdu leur place dans le Roman et offrent une image sans éclat ni relief – terriblement prosaïque – de la société d'après-guerre.
Claude HERZFELD
« La P’tite Amélie »
- Parties de l’œuvre étudiées : La Peau et les os. Le Wagon à vaches. Carnets d’Oflag. Feuilles volantes.
- Orientation générale de l’étude : Son épouse et sa fille exceptées, Georges Hyvernaud semble peu désireux de glorifier la gent féminine. Certes, la rencontre des sexes (mythologème) s’effectue parfois avec amour, mais, le plus souvent, l’éternel féminin, souvent renforcé par l’égoïsme de l’homme (en creux, la concupiscence du mâle) empêche l’amour de s’épanouir. Hyvernaud traite les femmes, moralement et physiquement, avec sévérité. Reproche essentiel : leur frivolité, leur futilité (cf. L’Interview), même s’il reconnaît qu’il est de bonnes ménagères (mais trop, c’est trop !). Elles ne se posent pas de questions, confortées (« reproduction ») qu’elles sont, dès l’enfance, dans leurs préjugés (« on n’écrit pas comme ça les livres ») par un monde qui les rassure. Elles font leurs « précieuses » quand on prononce un mot cru en leur présence, mais combien utilisent, sans pudeur, leurs enfants pour en faire leurs complices en adultère ! Souci constant de ces coquettes : rester jeunes et suivre la mode. Quand, par hasard, on en trouve qui s’intéressent à autre chose qu’à leur nombril, on s’aperçoit qu’elles se tournent vers Le Figaro littéraire ou Sélection. Il est une catégorie de femmes épargnée par Hyvernaud. En effet, sa sympathie va « aux petites ouvrières », à leurs « rires voyous » et à leurs « yeux pleins de soleil » (CO, p. 195). On nuancera donc la position d’Hyvernaud : on a l’impression que les filles d’Eve ont les défauts et les qualités qui sont ceux de la classe sociale à laquelle elles appartiennent.
Christian POUILLON
Un critique célibataire
Chez Yves Ernaud comme chez Georges Hyvernaud, des articles proprement dits aux allusions et aux jugements volants, de Montaigne à Beckett, nous examinerons quelques choix littéraires significatifs. Il arrive que le critique s’y penche sur les personnes du beau sexe fréquentées par des auteurs mâles, quand leurs relations lui semblent sensibles dans une oeuvre, mais il manifeste finalement plus de curiosité pour les projections des écrivains dans des personnages féminins de fiction. D’étonnantes absences ? Mais aussi des figures si présentes, si distantes, qu’en ressort un goût prononcé, ici encore, du témoignage solitaire.
Anne-Laure CAYRE
___________________________________________________________________________
« Georges Hyvernaud est-il misogyne ? »
L’œuvre de Georges Hyvernaud témoigne d’une certaine hostilité à l’égard du genre humain et les femmes n’y sont pas logées à meilleure enseigne que les hommes. C’est un lynchage en règle que proposent les œuvres de fiction de l’auteur à travers une série de véritables portraits-charges. Du reste l’indécision fréquente quant au locuteur des paroles rapportées permet à un discours particulièrement agressif à l’égard des figures féminines de se déployer.
Pour dessiner la cartographie de ces figures, il semble qu’il faille absolument s’en référer au sexe. Ainsi s’opposent des figures « asexuelles » qui vont de la jeune fille à la vieille dame à des figures « hypersexuelles », notamment celle de la putain qui se situe du côté d’une forme de vérité. Entre ces deux pôles, la figure honnie, celle de l’épouse et mère de famille, liée à la tromperie et toujours en deçà de la littérature qu’elle n’intègre que sur le mode de la satire.
Pourquoi tant de haine ? Est-ce la captivité qui génère le rejet de la femme et renvoie les deux sexes dos à dos ? Dans l’acceptation résignée du mensonge et de leur médiocrité, les mères portent-elles une responsabilité particulière ? Qu’est-ce qui a détruit le rapport à l’Autre ? A qui la faute ?
****************************************************************
Programme de la journée
Communications de 30 minutes et débats se succéderont selon l’horaire suivant :
Matinée (9 h – 12 h).
Introduction de Christian POUILLON, maître d’œuvre de la journée
1. Cyril PIROUX. « Les figures féminines dans Le Wagon à vaches. Iseult, non-romanesque ? »
2. Claude HERZFELD. « La p’tite Amélie »
- Questions et débats.
-
- Pause / Repas ( 12h-14 h).
Après-midi (14h – 17 h 30).
- 1. Christian POUILLON. « Un critique célibataire »
- 2. Anne-Laure CAYRE. « Georges Hyvernaud est-il misogyne ?. »
-
- Questions et débats
- Synthèse de la journée.
- Verre de l’amitié.
-
Février 2010
Il sera question d’HYVERNAUD à la journée d’études
« Régis Messac, l'écrivain-journaliste à re-connaître ? »
organisée par le Centre Mauriac / EA TELEM n°4195 de l’Université Michel de Montaigne-Bordeaux 3 en collaboration avec la Société des amis de Régis Messac
Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine
Allée des Antilles, domaine universitaire, 33607 PESSAC
Tramway, station : MONTAIGNE MONTESQUIEU
-
Vendredi 5 février 2010
-
Au programme de la première séance : Régis Messac un écrivain-journaliste engagé ?
est en effet inscrite la communication :
Régis Messac et Georges Hyvernaud aux Primaires
par Guy Durliat
L’histoire des revues d’instituteurs de l’entre-deux guerres (Les Humbles, Les Primaires) - indissociable de celles de l’enseignement, du pacifisme et de la culture prolétarienne de l’époque - les différences et parentés entre les deux écrivains-professeurs, leurs contributions aux petites revues de ces années, leurs écrits – en accord ou désaccord – dans Les Primaires (dont Régis Messac fut rédacteur en chef) sur des livres et auteurs communs (Gide, Guéhenno), constitueront l’essentiel du propos.
EA 4195 TELEM
Université de Bordeaux, Domaine universitaire 33607 Pessac Cedex, France
http://www.equipe-telem.fr/index
Bernard Vouilloux, directeur de l’EA 4198 TELEM
Philippe Baudorre, responsable du Centre de recherches sur François Mauriac (philippe.baudorre@u-bordeaux3.fr)
Natacha Vas-Deyres, responsable de la journée d’études (natacha.vas-deyres@u-bordeaux3.fr),
tél.: +33 (0)5 57 22 16 90, fax : +33 (0)5 57 12 47 99, tél. portable +33 (0)6 67 28 78 84
Févier 2010-
Par l’intermédiaire des éditions Le Dilettante, Julia Schoch – à qui nous devons Der Viehwaggon paru à l’automne 2007 – nous annonce qu’elle a obtenu le prix André Gide pour sa nouvelle traduction allemande d’Hyvernaud : La Peau et les os.
Cette pièce très importante – qui vient s’ajouter à la collection des traductions d’Hyvernaud –sera éditée à l’automne par la même maison (Suhrkamp Verlag, Francfort sur le Main) dans sa même collection de littérature réputée : la Bibliothèque Suhrkamp.
Nous renouvelons ici nos félicitations et remerciements à Julia Schoch.
Février 2010
La synthèse de la journée d’études « Messac » du 5 février 2010 à Bordeaux – annoncée dans cette rubrique – est consultable en ligne à l’adresse :
http://www.lintermede.com/interpretations-regis-messac-journee-etude-bordeaux-3.php
La communication préparée par Guy Durliat fut présentée sur place par Olivier Messac. On en trouvera le résumé dans la première session de la journée : « Un écrivain journaliste engagé » présidée par Caroline Casseville.
NB. Les Actes de ces études seront coédités par l’Université Bordeaux 3 et la Société des amis de Régis Messac.
Mars 2010-
Guy Durliat ne pourra faire sa présentation « Georges Hyvernaud – homme et œuvre » à la Bibliothèque-Médiathèque François Miterrand d’Héricourt (Haute-Saône), programmée le samedi 6 mars.
Nous remercions vivement son directeur, Philippe Andrey, de bien vouloir la reporter – à l’automne peut-être. Et savons gré à Roland Beucler de proposer à sa place une conférence illustrée sur un aspect particulier de la carrière multiple de son père André Beucler, non étranger à la région : ses activités à et pour la radio.